SEMAINE V – DIMANCHE: Bienheureux Jean Wauthier, o.m.i. (22.03.1926-16.12.1967

fuyiDepuis trois ans, je suis avec les réfugiés qui ont pris le maquis. Ils ont fui par milliers la nuit, sous la pluie, dans la brume froide des sommets. Ils n’emportent presque rien sinon les enfants.

Ils préfèrent vivre dans la jungle, manquant de presque tout, mais libres. Il arrive des moments où on a plus besoin de liberté que de riz. Ils sont 30 0000, 40 000 peut-être.

Mes parents ne disent rien. Ils acceptent. « Ils gardent ces choses dans leurs cœurs », comme tous les parents de missionnaires. C’est sans doute pour cela que leurs fils au loin peuvent faire quelque chose. Les fleurs, les fruits poussent, mais la racine est à des milliers de kilomètres de là.

Comme prêtre je suis seul. Mais il y a tous les gens.

À cause de la guerre, je vis très près d’eux. C’est eux qui ont fait ma maison, exactement comme une des leurs : un rectangle de 8 x 6 mètres, plancher de terre, toit de feuilles, parois de bambou… Je travaille souvent avec eux. Ils savent que j’ai besoin d’eux pour me nourrir, me loger, me protéger le cas échéant. En échange, je suis, quand l’occasion s’en présente, infirmier, instituteur, et j’essaie de leur donner le Seigneur « avec toujours plus d’abondance ».

 Interview de Jean Wauthier
pour la revue
Famille Éducatrice, novembre 1966

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